Seule, sur mon balcon situé au troisième étage d'un petit immeuble, je regardais les étoiles, au dessus des toits
de maisons anciennes, encore imprégnées d'histoire. L'horloge du village sonnait vingt trois heures et j'apercevais un grand coq blanc sur laquelle il était perché. Je m'amusais, à parcourir du
regard les murs en pierre de ces vieilles bâtisses, qui épousaient de nouvelles demeures, en espérant rencontrer dans les rues, tous les gens qui y avaient vécu dans diverses tenues. J'imaginais la
construction des premières maisons, entourées des collines où au milieu coulait le Gardon. J'avais un réel besoin de quitter la Moselle, cette région qui ne me correspondait plus, j'y avais assez
vécu. Metz, n'était pas ma ville natale et risquait de m'être fatale. Le soleil manquait à mes veines, pour mieux irriguer mon sang, réchauffé par ses rayons ardents. Je retournais dans le Sud où
j'avais pris vie. Marseille m'avait donné des forces surnaturelles et Metz voulait me couper les ailes. Poussée jusqu'à Anduze à la porte des Cévennes, sans y frapper, avec mes deux enfants je m'y
installais. Je me sentais tout à coup perturbée, je ressentais que de moi une puissante énergie s'approchait. En mon être, tout se plaçait comme une armée de milliers de guerriers prête à attaquer
et mes yeux comme des sentinelles, essayaient de me renseigner sur la position de cette étrange puissance. Je ne voulais pas que mon corps tout entier puisse trembler, même si je me moquais de ce
que mes amis auraient pu me rétorquer.
Copyright © mars 2009 Sombrelune de Besse de Bellefaye.